Arrêt du tabac : l’hypnose, ça marche ?

Patchs, gommes, pastilles… Vous avez passé en revue tous les substituts nicotiniques, mais vous ne réussissez pas à vous débarrasser de votre addiction au tabac. Un autre recours s’offre à vous : l’hypnose. Cette méthode donne-t-elle des résultats ?

Arrêt du tabac : l’hypnose, ça marche ?
Une étude américaine (2007) visant à comparer l’efficacité des différentes méthodes d’aide à l’arrêt du tabac a montré l’intérêt de l’hypnose dans une stratégie de sevrage tabagique. Les participants fumeurs ont été répartis en quatre groupes. Le premier groupe avait choisi des séances d’hypnose ; le second, l’hypnose et des substituts nicotiniques ; le troisième, des substituts nicotiniques uniquement. Quant au dernier groupe, il n’avait accepté aucune des deux méthodes.

Six mois après la fin du traitement, 50 % des patients des groupes « hypnose » et « hypnose/substituts » étaient toujours abstinents, contre seulement 25 % des fumeurs traités uniquement par substituts nicotiniques. Et moins de 16 % parmi le dernier groupe.

Plusieurs techniques d’hypnose peuvent être utilisées pour inciter à l’arrêt du tabac.

La suggestion directe : le thérapeute suggère au patient de changer son comportement vis-à-vis du trouble qui l’a amené à consulter.

L’évolution en âge : « Le praticien propose le souvenir d’un passé sans problèmes », indique Aurora Crisan, hypnothérapeuthe à Paris.

La progression dans le futur : le patient se projette dans un avenir sans troubles.

L’hypnose éricksonienne : à l’aide de métaphores, de suggestions indirectes et d’ordres cachés, le thérapeute crée et utilise des états de transe.

Parfois associée à une thérapie comportementale ou à la PNL

« L’hypnose est souvent associée à d’autres méthodes thérapeutiques dont la thérapie comportementale et cognitive ». La programmation neurolinguistique (PNL) est également utilisée comme outil supplémentaire : la technique des ancrages (associations, images mentales) contribue notamment à « installer » la personne dans des situations positives.

« Tous les fumeurs peuvent bénéficier de ce traitement. L’ancienneté ou le nombre de cigarettes n’entrent pas en jeu. C’est la décision du patient qui importe ».

« Souvent, l’hypnose et la psychothérapie sont regroupées en une seule séance. Et de manière générale, toute première séance d’hypnose commence par un long entretien avec le patient (40 à 45 minutes) afin de déterminer les objectifs. Au niveau de la stratégie, il n’y a pas de scripts ou de protocoles préétablis. La thérapie est réalisée selon la personnalité de chacun». Une thérapie peut durer de quinze jours à quatre semaines.